Vendredi 4 Octobre 2019

Journée films vendredi dernier donc, avec les vidéos de la NASA et de l’ESA sur les missions New Horizons, Cassini, Juno, Rosetta et MRO (Mars Reconnaissance Orbiter)

Deux articles dans les news, le premier étant particulièrement intéressant par les sources de données accessibles nommées. Par exemple, le site SDSS (Sloan Digital Sky Survey) propose un bon nombre d’activités éducatives a partir du portail SDSS Voyages mais aussi SkyServer (remarquez dans la colonne « education » le liens pour le projets Galaxy Zoo).

Le second article est bien approprié, étant donne les dernières photos prises avec les télescopes robotisés du réseau itelescope.

Un petit peu de voyage de mon cote: je pars quelques jours au Québec pour des meetings a l’Université de Sherbrooke. J’ai posté l’année dernière des photos des laboratoires de l’Institut Quantique ici.

La présentation:

Un petit peu de pratique

Tout d’abord le résultat d’un traitement rapide sur les images acquises par le télescope T14 de la galaxie M31. 3 images de 10 mins chacune ont été prises a l’aide de chacun des filtres standards R,G et B et ensuite recombinées afin d’obtenir une image couleur.

Une image de 10 mins dans le canal rouge donne par exemple:

M31 – filtre rouge, pause de 10 mins, T14

L’image « finale » après traitement est beaucoup plus interessante:

M31 – RGB – 3x10mns R,G,B, T14

On peut aussi résoudre les cordonnées de l’image, ce qui nous permet de l’annoter avec les noms d’objets connus. J’ai ici décidé d’afficher les objets de Messier ainsi que les galaxies du catalogue PGC

Un moyen beaucoup plus rapide pour s’entrainer avec PixInsight est d’effectuer le traitement d’images de la camera Junocam, de la mission Juno. Par exemple, l’image originale:

donne au final (avec un minimum d’effort):

Sympa, non ?

Le système solaire, 1ère partie

Nous avons fait une bonne avancée dans notre quête pour comprendre comment les photos que l’on voit dans les livres sont faites, quels appareils sont utilisés, et comment ils marchent.

Pour commencer, deux techniques complètement différentes pour deux types d’images elles aussi complètement differentes:

  • Les objets du ciel profond (DSOs en anglais : Deep Sky Objects) : ce sont des « objets » tels que les galaxies, nébuleuses, amas globulaires, qui sont extrêmement loin de nous. La plupart ne « bougent » pas à l’échelle humaine, à l’exception d’objets tels la nébuleuse du crabe (M1) qui est en fait le nuage de gaz en expansion résultant de l’explosion d’une étoile (dans ce cas précis observée en 1054), comme expliqué dans cette vidéo:
  • Les planètes, lorsque les photos sont prises a partir de la terre, et en particulier par les astronomes amateurs

Dans le premier cas donc (les objets du ciel profonds), la technique utilisée est identique à celle des observatoires professionnels, ou du télescope spatial Hubble: on prend plusieurs images avec de longs temps d’exposition, que l’on « ajoute » les unes sur les autres (après corrections appropriées), afin d’améliorer ce que l’on appelle le rapport signal/bruit. Ce rapport permet de définir à quel point les images ont du « bruit », qui provient généralement des capteurs utilises, de la température et de ses fluctuations et des défauts du système optique. Ce que l’on veut bien sur, c’est avoir beaucoup plus de signal que de bruit.

Dans le second cas (les planètes), on prend en fait des vidéos. Rien de mieux qu’une vidéo pour illustrer pourquoi nous procédons ainsi:

vidéo de cratères sur la lune – Celestron 8 (200mm) + powermate 2.5x

Ce que l’on voit n’est finalement pas très encourageant, un peu comme quand on roule sur l’autoroute un jour d’été bien chaud et que l’on regarde la route au loin : l’image change constamment, un peu comme si quelqu’un s’amusait à continuellement modifier le focus. Si l’on regarde précisément, on peut voir que quelques images sont très claires et de bonne qualité. L’idée est donc de prendre le maximum de photos possibles, de ne garder que les meilleures et de combiner les meilleures photos pour obtenir notre image finale. C’est pour cela que l’on prend des films des planètes. Par exemple, mon appareil photo est capable de prendre des films avec 25 images par secondes, mais des caméras dédiées a l’imagerie planétaire peuvent aller bien plus loin. Cette caméra par exemple, peut prendre jusqu’à 270 images par seconde. Maintenant il faut faire attention: la durée du film doit toujours être plus petite que le temps que prend la planète pour « changer » (par exemple, pour que la grande tache rouge de Jupiter ne se déplace).

Au programme de vendredi prochain: quelques petits films expliquant les différentes missions que nous allons voir plus en detail.

Et bien sur, la présentation:

Visite et astronomie à la campagne

Et bien finalement tout arrive ! Cela fait plusieurs années que j’essaye d’organiser un weekend a la campagne avec le club pour faire un peu d’observation – pour de vrai. Forcément, entre le mauvais temps, les vacances etc … cela n’a jusqu’à présent pas pu se faire. J’ai finalement eu la visite d’une famille du LFT cette fin de semaine. Évidemment, à chaque fois qu’il faut que tout marche à la perfection à un moment précis, il y a des problèmes. Malgré une mise en station plus que rapide (mauvais temps la nuit d’avant), Jupiter qui nous passe sous le nez (ou plutôt qui se cache derrière les arbres), la station spatiale qui joue à cache cache entre les branches, nous avons pu profiter d’un bon début de nuit et j’ai pu me centrer sur notre voisine, la galaxie d’Andromède et faire quelques photos.

Comme indiqué plus haut, j’y suis allé un peu fort au niveau de la mise en station et calibration – en gros quelques minutes au lieu de plusieurs heures et sans télescope de guidage secondaire, le temps d’exposition maximal était d’environ 15 secondes avant que les étoiles n’apparaissent déformées. Bien sûr, pas de photos pour la calibration non plus. Nous allons expliquer tout ça dans les prochaines sessions du club. Ceci étant dit, voici le résultat: une prise de vue unique n’est vraiment pas très excitante:

Par contre, en utilisant PixInsight pour additionner 46 images, et faire un peu de traitement d’image, cela donne un résultat un peu plus intéressant, même si l’on ne parle que d’environ 12 minutes d’exposition totale.

En rentrant à Toronto je me suis dit que ce qui est intéressant, c’est de comparer le même objet pris en photo avec des instruments différents donc j’ai programmé un des télescope en ligne du réseau itelescope.net , le télescope T14 situé aux US pour prendre 6 photos de 10 minutes chacunes: 2 avec un filtre rouge, puis vert et finalement bleu. Forcément, l’observatoire a été fermé vers 2h du matin pour cause de mauvais temps, mais j’ai néanmoins réussi à avoir une photo de 10 minutes avec le filtre rouge – vous pouvez apprécier la différence !

Et voilà pour ce soir. En résumé: du bon temps à la campagne sous les étoiles, ça fait toujours du bien – et rien ne bat les crêpes au petit déjeuner !